Mardi 11 juillet 2017

ÉTUDE EXCLUSIVE HAVAS HORIZONS

FINANCER LA CROISSANCE AFRICAINE A L’HORIZON 2022 : LES INVESTISSEURS INTERNATIONAUX
​FONT PREUVE D’UN OPTIMISME CROISSANT

L'AGRICULTURE AU COEUR DES ENJEUX DU CONTINENT

Havas Horizons, l’offre de conseil dédiée aux nouveaux pays émergents de l’agence Havas Paris et de l’Institut Choiseul publie pour la 3e année consécutive son étude dédiée à la perception des investisseurs internationaux de l’économie africaine à l’horizon 2022. Dans cette édition, un focus a plus particulièrement été porté sur le secteur de l’agriculture.

Les investisseurs sont-ils optimistes quant aux perspectives économiques du continent ? Quels pays jugent-ils les plus prometteurs ? Quels sont selon eux les secteurs clés en 2017 et à moyen terme ? Quid du secteur agricole depuis sa mise en lumière lors de la COP22 ?

L’enquête quantitative et qualitative a porté sur un total de 10 questions. Un panel de 55 des plus grandes institutions financières et bancaires (analystes senior, directeurs financiers, directeurs Afrique, présidents de groupe), exerçant une activité en Afrique, au fait des enjeux du continent et contribuant activement à son développement économique, a été interrogé entre le 14 janvier et le 29 février 2017 par le biais d'un questionnaire sur la plateforme Surveymonkey. 

Dans cette 3e édition de l’étude menée par Havas Horizons sur le financement de la croissance africaine, les investisseurs internationaux réaffirment leur optimisme à court et moyen termes et un enthousiasme sans équivoque sur les perspectives économiques du continent. L’étude montre un réel engouement pour l’Afrique de la part des investisseurs qui maintiennent leur volonté d’y renforcer leurs investissements pour 63% d’entre eux. 

Certains pays sont jugés plus attractifs que d’autres à l’horizon 2022. Le Top 5 – Kenya, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Nigéria et Sénégal – montre le dynamisme de l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est qui trustent les premières places du classement, se partageant ainsi entre régions francophones et anglophones. Le Kenya et la Côte d’Ivoire signent leur grand retour dans ce classement dont ils prennent même la tête. 

Le Top 3 des secteurs les plus prometteurs sont l’énergie, l’agriculture et les services financiers. L’énergie est cette année encore plébiscitée par les investisseurs qui le présentent, pour 73% d’entre eux, comme le secteur le plus porteur pour l’Afrique. L’agriculture, au cœur des enjeux d’avenir du continent, arrive naturellement en 2e position du classement pour 65% des répondants qui la considèrent comme un secteur plein de promesses.

Ce réel engouement pour l’agriculture se concrétise par la volonté des sondés d’investir ou d’y renforcer leurs investissements pour 61% d’entre eux. Cependant, le déficit d’infrastructures (69%), l’accès au marché (48%) et l’industrialisation (42%) sont jugés comme des freins au développement de la filière. C’est l’Afrique de l’Est semble être le fer de lance de l’agriculture africaine, comme le reflète 
le Top 5 des champions de l’agriculture : Éthiopie, Côte d’Ivoire, Kenya, Maroc, Nigéria et Cameroun (les deux derniers pays ex-aequo).


LES INVESTISSEURS ET L’AFRIQUE : UN ENTHOUSIASME SANS EQUIVOQUE

Le continent africain renforce sa position comme terre d’attractivité aux yeux des investisseurs : ses performances ainsi que la conjoncture favorable en font un continent au potentiel reconnu. Près de 90% des sondés se déclarent optimistes pour l’année 2017 quant aux perspectives économiques du continent et cet engouement atteint un niveau inégalé à l’horizon 2022 avec 98% des répondants qui se déclarent optimistes. Cette unanimité s’explique par de multiples facteurs : dynamisme démographique, émergence de la classe moyenne, diversification économique, amélioration du climat des affaires et urbanisation, etc.

Cet optimisme se traduit par une volonté forte de renforcer les investissements sur le continent. 2/3 des sondés (65%) souhaitent renforcer leur position en Afrique en 2017 contre 63% en 2016 à envisager de renforcer leur position dans l’année, soit une quasi stabilité des perspectives d’investissement à court terme.

Une grande majorité (84%) envisage de renforcer leur investissement à l’horizon 2022. Cependant, les prévisions d’investissement à long terme témoignent d’un plus grand optimisme : aucun investisseur ne souhaite baisser ses investissements à l’horizon 2022, fortement confortés dans leur choix par l’arrivée de la Chine ou des Émirats arabes unis souhaitant consolider leurs parts de marché sur ce continent.

Après une baisse de la croissance amorcée depuis 2015 dans un contexte mondial morose, l’année 2017 porte l’espoir d’un retour de la croissance sur le continent africain. Selon les estimations de la Banque Mondiale, la croissance devrait atteindre 2,5% cette année et croître encore dans les années à venir, grâce à la reprise du commerce international et à la remontée des prix du pétrole. Cependant, des facteurs endogènes au continent prennent, eux-aussi, une place de plus en plus importante dans l’élévation de ces prévisions. L’accélération de la coopération intra-africaine, le dynamisme démographique et l’émergence d’une classe moyenne ainsi que la diversification de l’activité, dans les services, l’énergie ou encore l’agriculture, contribuent nettement à cet optimisme grandissant.

LE TOP 5 DES PAYS VALORISÉS PAR LES INVESTISSEURS SUR LA PÉRIODE 2017 - 2022

Malgré des spécificités et des dynamiques de croissance différentes, 5 pays affichent des perspectives économiques prometteuses pour les investisseurs.

  1. Cité par 61% de nos investisseurs, le Kenya arrive en tête et signe son retour dans ce classement de tête
    après une absence remarquée en 2016 ;


  2. La Côte d’Ivoire qui attire 57% des sondés fait également son entrée dans le classement ;

  3. L’Éthiopie reste dans le classement mais recul de 2 places avec 44% des suffrages ;

  4. Le Nigéria, 1ère économie du continent, plébiscité par 42% des répondants, enregistre pour autant
    un fort taux de défiance et perd 2 places ;


  5. Le Sénégal, cité par 38% du panel, obtient la 5e place comme en 2016.


Pour mémoire, en 2016, le Top 5 était constitué dans l’ordre de l’Ethiopie, le Nigeria, le Maroc, le Ghana et le Sénégal. Le Maroc et le Ghana ont ainsi disparu du classement, laissant la possibilité au Kenya et à la Côte d’Ivoire de faire valoir leurs atouts. A noter que tous les pays du Top 5 hormis le Nigéria, ont mené une diversification rapide de leurs économies, désormais moins vulnérables à la volatilité du cours des matières premières sur leurs économies. Le Nigéria, présent dans le TOP 5 depuis la 1ère étude en 2015, reçoit un signal d’alarme de la part des investisseurs avec un taux de défiance de 36%, conséquence d’une baisse des revenus du pétrole et de la présence de Boko Haram sur son territoire.

LE TOP 5 DES SECTEURS LES PLUS PORTEURS SUR LA PERIODE 2017 – 2022

Le secteur de l’Énergie reste sur la 1ère place du podium comme en 2016, suivi du secteur de l’Agriculture puis des services financiers. Les secteurs d’activités liés aux besoins primaires, considérés comme porteurs, sont ainsi largement privilégiés. L’Agriculture quant à elle, se hisse à la seconde place, démontrant la nécessité de nourrir la population, réussir la transition agricole et diminuer les incertitudes liées au climat. Selon les investisseurs, l’émergence des classes moyennes va permettre le développement d’autres secteurs ce qui constituera les bases d’une nouvelle société de consommation.

  1. 73% des sondés estiment que le secteur de l’Énergie est au cœur des enjeux d’avenir et le classent en 1ère position ;

  2. Le secteur de l’Agriculture constitue le deuxième choix des investisseurs avec 65% des suffrages,
    bénéficiant d’un réel sursaut d’intérêts contrairement à l’étude 2016 (7%) ;


  3. Les secteurs des Services Financiers et de la Grande Distribution arrivent quant à eux en 3ème et 4ème position, avec respectivement 59% et 53% des suffrages ;

  4. Les secteurs du Transport et Logistique ainsi que les nouvelles technologies arrivent en avant-dernière position avec 35% des voix ;

  5. Le secteur de la Santé, en retrait par rapport à son potentiel de développement, ferme la marche avec 30% des sondés.


UN RÉEL ENGOUEMENT POUR L’AGRICULTURE

Longtemps laissée-pour-compte, l’agriculture s’impose aujourd’hui comme un secteur jugé plein de promesses, porté par la nécessité de nourrir une population grandissante et de réduire les risques de dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

  1. La quasi-totalité des sondés (90%) voit dans l’Agriculture un secteur prometteur et incontournable ;

  2. 61% des interrogés envisagent d’investir ou de renforcer leurs investissements dans ce secteur dans les années à venir. Toutefois, la mécanisation, la rationalisation de la production, et l’amélioration du transport, constituent pour eux les conditions indispensables de développement d’une industrie agroalimentaire en Afrique.
    • 39,5% des sondés sont sensibles à l’innovation agricole ;
    • 1/3 des investisseurs considèrent l’agriculture africaine comme vulnérable ;
    • Ils sont 25% à penser que l’agriculture en Afrique doit s’orienter vers un modèle smart et vert.

Le marché agricole africain face à d’importants défis

  1. Près de 70% des sondés voit dans l’infrastructure le 1erdéfi majeur à relever dans l’écosystème agricole africain ;

  2. 48% considérent l’accès au marché comme un paramètre porteur de valorisation pour la filière agricole ;

  3. La transformation et l’industrialisation constituent le 3e défis pouvant freiner le potentiel agricole (42%)


Dans ce classement, les enjeux climatiques sont en retrait, laissant la place à des problématiques plus structurelles liées au marché, visant à rendre l’ensemble de la chaîne de production plus performante.

LE TOP 5 DES CHAMPIONS DE L’AGRICULTURE

Selon nos investisseurs, 6 pays se distinguent, jugés les plus à mêmes de relever ces enjeux. L’Afrique de l’Est, leader incontestable et la Côte d’Ivoire tirent l’agriculture africaine. Les pays d’Afrique australe sont totalement absents de ce classement, l’Afrique centrale peine à y trouver sa place, permettant à l’Afrique de l’Est de tirer son épingle du jeu.

  1. L’Éthiopie et la Côte d’Ivoire arrivent en 1ère position (43%)

  2. Le Kenya arrive en 2e position (38%)

  3. Le Maroc se hisse à la 3e place du classement, cité par 23% des investisseurs

  4. Le Nigéria et le Cameroun en 4e position avec 20% des suffrages